Quand rubans et nuanciers anciens s’exposent chez Merci

L’histoire du ruban intimement lié à la mémoire de la ville de Saint-Etienne s'expose en collection inédite de catalogues exceptionnels, registres de grands formats, gammes de couleurs et multitude d’échantillons de rubans, à consulter avec des gants blancs! ...chez Merci.

Les collections sont présentées au rez de chaussée du magasin Merci sur des grandes tables de coupe.

C'est sur de grandes tables de coupe qu'est présenté jusqu'au 7 mars l'exposition Rubans, une collection unique de catalogues, nuanciers, gamme de couleurs et réclames.

Daniel Rozensztroch, directeur artistique de Merci, parle de l’exposition  Rubans...

Comment vous est venue l’idée ?
Nous avons appris que les archives de l’une des dernières rubaneries de Saint-Étienne allaient être mises en vente par adjudication. Ces archives, témoins de la mémoire intacte d’une entreprise et du savoir-faire d’un métier remarquable, nous ont immédiatement intéressées. En me documentant, je me suis aperçu à quel point l’histoire du ruban, qui avait débutée au milieu du XVIIIème siècle à Saint-Étienne, était riche. Des milliers de personnes travaillaient dans cette industrie autrefois florissante. Cette découverte a donc été à la fois incroyable et quelque peu triste, car nous sommes forcés de constater qu’il ne subsiste que très peu de rubaneries aujourd’hui.

Ecossais et rayures pour toutes les occasions.
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Ecossais et rayures pour toutes les occasions.
©Lola Wichegrod

Il y a plus de 6000 pièces présentées dans cette exposition, comment avez-vous travaillé ?
Le fond iconographique que nous avons acquis est exceptionnel. On y trouve des registres de grands formats, des petits catalogues ainsi qu’une multitude d’échantillons en tout genre. Sans oublier les nombreuses réclames découpées et PLV (publicités sur lieux de vente) qui servaient de supports dans les vitrines des merceries ou des grands magasins.Tout ce patrimoine était malheureusement dispersé et extrêmement poussiéreux. Il a fallu s’attaquer à une remise en état longue et minutieuse. Nous avons dépoussiéré, nettoyé, repassé et parfois même recollé certains échantillons en très mauvais état. Puis nous nous sommes attelés à un travail de classement par thématique : rubans unis, rayés, fleuris, à motifs, blancs ou noirs.  Cela nous a permis d’avoir une vision claire de l'ensemble des documents.

Rubans tissés sur métier jacquard.
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Rubans tissés sur métier jacquard.
©Lola Wichegrod

Le ruban était un accessoire de mode indispensable jusqu’au XIXème siècle. Parlez-nous de son importance, de sa symbolique.
Quelque peu délaissé de nos jours, le ruban était autrefois un élément complémentaire extrêmement important. Il venait souligner et embellir certaines parties du vêtement - qu'il soit traditionnel ou régional - et des accessoires, tels que les chapeaux ou la lingerie féminine. On l’utilisait aussi pour confectionner les cocardes, les écharpes de maires ou les nœuds pour les dames. Il était choisi avec précaution lors des communions, des mariages ou des enterrements : le ruban noir était associé au deuil, le blanc aux célébrations heureuses.

Echantillons de rubans et gamme de couleurs.
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Echantillons de rubans et gamme de couleurs.
©Lola Wichegrod

Matières, couleurs, textures...
Ces archives nous ont fait comprendre à quel point l’offre à la clientèle était riche, particulièrement entre le XIXème et le début du XXème siècle.  Il y avait une variété incroyable de rubans ! Chaque saison, on en créait des quantités aux motifs, couleurs et textures nouvelles. Certains, confectionnés sur des métiers à tisser jacquard, étaient très précieux, tandis que d'autres, fait de coton ou de reps étaient plus simples, plus modestes. Il y en avait pour tous les goûts et tous les porte-monnaies. Mais ce qui est encore plus étonnant, c’est la qualité de ces rubans. Les couleurs ont été extrêmement bien protégées. Elles sont éclatantes, comme si elles sortaient des métiers à tisser.

Rubans damassés de toute beauté.
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Rubans damassés de toute beauté.
©Lola Wichegrod

Comment avez-vous mis en scène le ruban pour l’installation ?

Notre projet était de mettre en valeur les rubans. Nous avons donc décidé de les présenter sur de très grandes tables de coupe liées aux métiers du textile. On y installera les grands registres - à consulter à l’aide de gants blancs - ainsi que des bacs industriels dans lesquels seront classés les échantillons. Dans des vitrines seront exposées les pièces les plus précieuses de l’exposition.Nous avons essayé de recréer une ambiance à mi-chemin entre la bibliothèque et l’atelier.

Rubans de soie, satin ou reps.
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Rubans de soie, satin ou reps.
©Lola Wichegrod

Merci est un magasin, mais nous voulions donner à cette exposition-vente un esprit muséal, car c’est l'une des meilleures manières de sublimer la matière. Notre désir est de présenter le plus justement possible ce qui peut être une source d’inspiration incroyable, à la fois pour les professionnels du textile et pour les amateurs.

Variations colorées autour d'une fine rayure.
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Variations colorées autour d'une fine rayure.
©Lola Wichegrod

 Extrait de l'interview sur le site Merci, tous nos remerciements à Daniel Rozensztroch pour cette initiative !

http://www.merci-merci.com

contact@merci-merci.com

Article publié le 25 février 2014

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