Bohin ne relâche pas le fil et les aiguilles

Près de L’Aigle, dans l’Orne, renaissance de Bohin, l’unique entreprise française de fabrication d’aiguilles à coudre, via l’ouverture de ses ateliers au public et la création d’un espace muséographique.

Toute bonne mercerie propose des aiguilles Bohin, Grand Prix de l'Exposition Universelle de 1900!

« C'est un miracle qu'on existe encore, mais je résiste et ne veux pas lâcher la production. Pas question de perdre son âme », affirme l'actuel dirigeant, Didier Vrac. Si le coeur de métier de l'entreprise reste les aiguilles à coudre et les épingles,  le catalogue Bohin est riche d’un catalogue de 4 500 références, pas toutes produites par l’entreprise, mais distribuées sous son nom et sous des marques de distributeurs. Les quelques 40 salariés font un chiffre d’affaires d’environ 4 millions d’euros et la création de ce musée va être un poumon touristique et économique pour la région.

 

Mais il n’en a pas toujours été ainsi, et en 1997 la faillite et la liquidation étaient au rendez-vous, si Didier Vrac n’avait pas eu la poigne de faire ce pari du bénéfice “made in France”  et du maintien d’une production de qualité dans l’hexagone pour alimenter le marché de la couture, des merceries et des boutiques de loisirs créatifs ainsi que les papetiers.

 

Certaines machines encore en activité rappellent l'ère industrielle de la fin du XIX° siècle.
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Certaines machines encore en activité rappellent l'ère industrielle de la fin du XIX° siècle.
©Romain Chocart

 

Cinq générations de Bohin avaient créé la société, l’avaient développée et internationalisée ; mais face à la concurrence chinoise, aux difficultés structurelles, au déclin de la couture la société périclitait. 

 

Même cachée à l'abri des grands axes, au coeur d'un petit village de l'Orne, l'entreprise Bohin va quand même connaître la médiatisation. « Un reportage diffusé dans un journal télévisé, voilà douze ans, nous a fait, du jour au lendemain, devenir patrimoine des Français. Les images ont eu un effet incroyable. Nous avons eu plein de demandes de visites, alors que je n'y pensais même pas », raconte Didier Vrac. L'ouverture au public (limitée à 2000 personnes par an) s'impose vite, et l'idée d'un musée fait son chemin.

Chaque aiguille a une destination particulière: couture, patchwork, taxidermie, broderie, reliure, voilerie….
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Chaque aiguille a une destination particulière: couture, patchwork, taxidermie, broderie, reliure, voilerie….
©Romain Chocart
 

Aujourd’hui sur 10 000 M² les ateliers de fabrication se visitant, alors que les ouvriers s’activent sur les machines qui remontent pour certaines au 19 ème siècle. Histoire de comprendre qu’une aiguille nécessite 27 étapes et près de 2 mois avant d’arriver dans votre mercerie. Un parcours muséographique reprend les différents métiers liés à l’aiguille : patchwork, taxidermie, broderie, reliure, voilerie…. ainsi que l’histoire de la métallurgie dans l’Orne, les publicités Bohin, la vie des fondateurs, l’art contemporain autour de l’aiguille.

 

 

Entreprise vivante du patrimoine français, La Manufacture Bohin est même classée au titre des Monuments Historiques.

 

La Manufacture Bohin

Le bourg face à la mairie

61300 Saint-Sulpice-sur-Risle

Tél. 02 33 24 89 38

Visites libres à 8,90 € l’adulte, et 5,90 € pour les enfants de 6 à 12 ans

Sur réservation visites guidées possibles pour les groupes. 

Dans l'Orne, l'usine Bohin, classée Monuments Historiques, se visite.
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Dans l'Orne, l'usine Bohin, classée Monuments Historiques, se visite.
©Romain Chocart

Article publié le 4 mars 2014

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